La fréquence de synchronisation du stock ne se règle pas au ressenti
La fréquence de synchronisation du stock est le réglage sur lequel on nous pose le plus de questions au moment du branchement. La demande spontanée est toujours la même : « le plus souvent possible ». C'est rarement le bon choix, et surtout ce n'est presque jamais le paramètre qui décide de la fraîcheur réelle de votre site.
Votre site n'affiche pas le stock de votre logiciel. Il affiche la dernière image du stock que votre éditeur a bien voulu produire. Entre la saisie d'une remise par votre vendeur et l'affichage du nouveau prix sur votre fiche, il y a trois maillons, et la passerelle n'en est que le dernier. Régler la fréquence sans connaître les deux premiers revient à changer les pneus d'une voiture dont le réservoir est vide.
Ce qui dicte la fréquence de synchronisation d'un stock véhicules
Quatre facteurs suffisent à trancher. Aucun n'est une question de goût.
La rotation réelle de votre parc
Ce n'est pas la taille du parc qui compte, c'est le nombre de mouvements. Un négociant avec 40 véhicules qui tournent en trois semaines produit plus de changements quotidiens qu'une concession avec 200 véhicules dont la moitié dort depuis six mois.
Faites le calcul sur votre propre stock, il prend dix minutes :
- Comptez, sur les 30 derniers jours, les entrées en parc, les sorties, et les changements de prix. Ce total est votre volume de mouvements.
- Divisez-le par votre nombre de jours d'ouverture sur la période. Vous obtenez un nombre de changements par jour ouvré.
- Comparez ce nombre au nombre de passes de synchronisation quotidiennes. Si vous enregistrez plusieurs mouvements par jour, deux passes vous laissent des heures de décalage. Si vous en enregistrez moins d'un, une passe horaire tourne à vide vingt-trois fois sur vingt-quatre.
Le moment où l'éditeur régénère le flux
C'est le facteur le plus souvent ignoré, et le plus déterminant. Un flux XML déposé sur un serveur FTP n'est pas un miroir vivant de votre logiciel : c'est un fichier écrit à un instant donné, puis relu à l'identique jusqu'au dépôt suivant. Sur un connecteur de ce type, comme celui que nous utilisons pour la passerelle PlanetVO vers WordPress, la question à poser à votre éditeur tient en une phrase : à quelle heure et à quelle cadence le fichier est-il régénéré ?
Les connexions par API se comportent différemment. Quand la passerelle interroge directement le logiciel — c'est le cas de la passerelle Bee2Link pour WordPress ou d'une connexion authentifiée par jeton comme celle de TEC3H — la donnée lue est celle de l'instant. Là, augmenter la fréquence a un effet immédiat et mesurable.
La charge serveur et le nombre de photos
Une passe de synchronisation télécharge un flux, le lit, compare chaque véhicule à ce qui existe déjà sur le site, écrit en base, et récupère les photos manquantes. Le poste lourd, ce sont les photos : sur un flux automobile, 30 photos et plus par véhicule sont la norme, et chaque nouvelle arrivée déclenche donc plusieurs dizaines de téléchargements et de redimensionnements. C'est ce qui explique qu'une passe soit indolore un jour et pèse le lendemain, sans que rien n'ait changé au réglage.
Le nombre de sources branchées
Un site alimenté par plusieurs points de vente ou plusieurs contrats multiplie le travail à chaque passe. Une connexion multi-concessions ou un flux de multidiffusion comme celui décrit sur la page passerelle Ubiflow vers WordPress ramène l'ensemble du périmètre à chaque appel. Le raisonnement sur la charge se fait alors sur le volume total, pas sur celui d'un seul site.
Horaire ou deux fois par jour : ce que change chaque fréquence de synchronisation
Le plugin AutoWP planifie la synchronisation par le cron de WordPress, avec deux fréquences au paramétrage : toutes les heures, ou deux fois par jour. Voici ce que chacune implique concrètement.
| Critère | Toutes les heures | Deux fois par jour |
|---|---|---|
| Décalage maximum sur un prix modifié | 1 heure après régénération de la source | jusqu'à 12 heures |
| Remise saisie le vendredi à 19 h | en ligne dans la soirée | visible le samedi matin au mieux |
| Véhicule vendu le samedi après-midi | retiré ou basculé en « vendus » dans l'heure | reste visible jusqu'au passage suivant |
| Charge sur l'hébergement | 24 passes par jour, la plupart sans écriture | 2 passes, plus volumineuses chacune |
| Parc concerné | rotation rapide, prix animés, arrivages quotidiens | parc stable, véhicules de niche, préparation longue |
| Flux régénéré une fois par jour | aucun gain de fraîcheur, mais rattrapage rapide après le dépôt | suffisant si l'heure de dépôt est connue |
Le cron WordPress n'est pas une horloge
Un point technique que beaucoup d'installations ignorent, et qui produit des synchronisations « horaires » qui ne le sont pas.
WordPress ne dispose pas d'un planificateur autonome. Son cron est déclenché par le trafic : à chaque chargement de page, WordPress regarde si une tâche planifiée est en retard et l'exécute. Sur un site de concession qui reçoit des visites toute la journée, cela fonctionne. Sur un site à faible trafic, ou entre 2 h et 7 h du matin, la tâche attend le premier visiteur. Une synchronisation programmée à 3 h peut donc se déclencher à 8 h 15.
Le remède est standard et se met en place en quelques minutes : on désactive le déclenchement par le trafic dans le fichier de configuration, et on appelle wp-cron.php depuis un vrai cron serveur, à intervalle fixe. La plupart des hébergeurs proposent ce réglage dans leur panneau. C'est le seul moyen d'obtenir un rythme réellement régulier, et c'est aussi ce qui évite qu'un pic de visiteurs ne déclenche une synchronisation en pleine heure de pointe.
Deuxième conséquence, moins connue : si votre site est protégé par des règles serveur ou un pare-feu qui bloquent l'accès à wp-cron.php, toutes vos tâches planifiées s'arrêtent en silence. Le site continue de fonctionner, les fiches restent en ligne, et plus rien ne se met à jour.
Synchroniser plus souvent que la source ne se régénère ne sert à rien
C'est l'erreur la plus fréquente, et elle coûte de la ressource sans rien apporter. La chaîne complète comporte trois délais qui s'additionnent :
- Le délai de saisie : le temps entre la réalité du parc et son enregistrement dans le logiciel. Un véhicule vendu le samedi et saisi le lundi matin est faux pendant deux jours, quelle que soit votre passerelle.
- Le délai de régénération : le temps entre la saisie et la production du flux ou la mise à jour de l'API.
- Le délai de synchronisation : le temps entre la disponibilité de la donnée et la passe suivante de la passerelle.
Repérer un flux figé avant que vos clients ne le fassent
Une passerelle qui s'arrête ne provoque aucune erreur visible. Le site reste debout, les fiches restent en ligne, le compteur affiche un nombre plausible. C'est précisément ce qui rend la panne longue à détecter : personne ne cherche un problème sur un site qui a l'air normal.
Les signaux à surveiller :
- La date de dernière modification des annonces. Si toutes vos fiches portent la même date et qu'elle a plus de deux jours, le flux ne passe plus.
- Le compteur « N véhicules disponibles » du listing, comparé au nombre de véhicules en ligne dans votre logiciel. Un écart stable est normal, un écart qui se creuse ne l'est pas.
- Un véhicule vendu il y a plusieurs jours toujours affiché comme disponible, alors que le comportement « vendus » est actif.
- Une entrée en parc saisie le matin et toujours absente le lendemain.
- Des fiches complètes mais sans photos : le flux passe, mais les images ne sont plus accessibles à l'adresse annoncée.
Trois profils, trois réglages
| Profil | Rythme conseillé | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Négoce VO, rotation rapide, prix animés | horaire, avec cron serveur | vérifier que l'éditeur régénère plusieurs fois par jour |
| Concession avec flux XML déposé une fois par jour | deux fois par jour, ou horaire pour la tolérance | connaître l'heure de dépôt du fichier |
| Véhicules de collection, utilitaires préparés, stock lent | deux fois par jour | surveiller le flux, la panne se voit tard sur un parc immobile |
Le réglage de la fréquence se décide véhicule en main, pas sur une page de documentation. Si vous voulez savoir ce que votre logiciel produit réellement et à quel rythme, expliquez-nous votre configuration : nous regardons votre flux avant de vous proposer un paramétrage.